LE BIM

Une normalisation perfectible

Le BIM : la normalisation mondiale des méthodes de construction est encore perfectible.Le BIM ou modélisation des informations de la construction est l’utilisation d’une représentation numérique partagée d’un actif bâti pour faciliter les processus de conception, de construction et d’exploitation de manière à constituer une base fiable permettant les prises de décision.
Actif bâti = bâtiments, ponts, routes, tunnels, voies de chemin de fer, usines,…

Le processus BIM

Le BIM et les concepts associés sont définis par un ensemble de normes internationales, européennes et françaises. La définition du BIM est validée par les professionnels de nombreux pays et retranscrites dans les dernières normes, comme la NF EN ISO 19650.
Le processus produit un livrable numérique, le building information model, en français la maquette numérique, qui englobe la géométrie de la construction, les relations spatiales, les informations géographiques, les quantités, ainsi que les propriétés des éléments et sous-éléments de construction. Le format IFC (NF EN ISO 16739) permet de classer ces informations de manière logique selon une arborescence spatiale (Projet → site → bâtiment → étage → espace → composant).

Réduire les aléas

Le modèle numérique ainsi créé dans le cadre de la réalisation du processus de projet de construction peut être utilisé jusqu’à sa démolition (aspects structurels, empreinte écologique des matériaux, réutilisation, etc.) puis servir d’archive tel l’avatar numérique du bâtiment.
Lors de sa conception, l’ouvrage passe par différentes étapes. Dans le processus traditionnel, beaucoup d’informations importantes sont perdues entre chaque étape car les acteurs ne sont généralement pas les mêmes et n’utilisent pas les mêmes outils ou travaillent avec des formats de données incompatibles entre eux (CAO, DAO, tableur, traitement de texte)[par exemple .rvt, .dwg, .xls, .doc].

De plus, ces informations (dont les données de la construction) sont souvent saisies plusieurs fois par différents corps de métiers : par exemple pour un bâtiment l’architecte, le maitre d’œuvre, le bureau d’études structures, le maçon, le menuisier, l’électricien, le plombier, etc.
On estime que les informations relatives à un bâtiment sont saisies entre 10 et 15 fois.
Ces saisies répétées sont sources d’incohérences, de malfaçons, de retards de livraisons et d’augmentation du coût de l’ouvrage bâti, sources d’insécurité juridique (car pouvant conduire à des procès longs et coûteux).

D’importantes économies

On estime à largement plus de 10 milliards d’euros le coût annuel des incohérences imputables aux défauts d’interopérabilité dans le bâtiment en France [Étude FFB, Fédération Française du Bâtiment, relative à l’Évaluation des coûts des défauts d’interopérabilité supportés par entreprises, maîtres d’ouvrage et exploitants, dans le cadre de la construction et l’exploitation de bâtiments].

Le BIM capitalise les informations à chaque étape. Et une bonne partie de ces informations sont rassemblées dans la maquette numérique standardisée au format international IFC : forme et matériaux, calculs énergétiques (chauffage, climatisation, ventilation), aérauliques, hydrauliques, électriques, radio et télécommunications, levage, emplacement des équipements, alarmes et sécurité, maintenance, etc.

L’IFC ne suffit pas pour une réelle interopérabilité…

Mais le seul format IFC n’est pas suffisant pour permettre la réalisation d’un processus BIM abouti, simple autorisant un déploiement généralisé.
La massification des usages BIM est conditionnée par le respect de principes d’ingénierie des systèmes et les particularités de la filière constructive : marché de taille importante, diversité et atomicité des acteurs.

A ce jour les différents logiciels métier utilisés sur un même projet nécessitent l’usage de formats de données natifs pour les alimenter en données amenant à décrire un même objet de différentes manières. L’écosystème BIM peut être assimilé à un système multi-entrées dans lequel on introduit des données qui sont doublonnées et redondantes. Celles-ci constituent alors obligatoirement une donnée d’entrée de mauvaise qualité et qui par conséquence amène à produire collectivement un résultat de piètre qualité. Ce phénomène pénalise des échanges fluides avec les logiciels des autres corps de métiers.

….sans un langage commun et libre d’usage

Cette caractéristique limite significativement l’efficacité du modèle BIM tel qu’envisagé jusqu’à ce jour, sauf à ajouter une brique complémentaire : un langage commun compris par toutes les applications mobilisées dans le processus projet. Celui-ci peut être le langage natif d’une plateforme d’interopérabilité ou un langage transparent et libre d’usage. C’est cette dernière option qui a été retenue par ALLIANCE DU BATIMENT : le choix d’un langage commun ouvert, documenté, pour normaliser les données d’entrée dans les logiciels métier, l’Open dthX.

Vous faites partie des acteurs ayant intérêt au développement du langage numérique partagé pour tous dans la construction, rejoignez l’ALLIANCE DU BATIMENT.